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Des bactéries évoluent pour se nourrir de plastique

Des bactéries évoluent pour se nourrir de plastique

bactéries qui mangent le plastique
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L’information suscite autant d’espoir que de crainte, puisque si des micro organismes sont en train de muter pour se nourrir de plastique, c’est par instinct de survie : le monde est tellement saturé de plastique que les espèces doivent évoluer.

Les faits : 30.000 enzymes observées face à 10 types de plastique

Une étude publiée le 26 octobre 2021 dans le Microbial Ecology relève l’existence de réactions diverses de la part des micro-organismes, face à un environnement riche en fibre plastique. Avec notamment des proliférations de bactéries permettant l’hypothèse d’une consommation du plastique.

« C’est une démonstration importante de la manière dont l’environnement répond aux pressions que nous lui imposons » déclare l’un des auteurs de l’étude, Aleksej Zelezniak, professeur de biologie à l’université de Chalem.

Pour en arriver là, l’équipe de 5 chercheurs a du multiplier les observations pour trouver les enzymes les plus efficaces. 30.000, non redondantes, ont été observées face à 10 types de plastique différents. L’expérimentation a été réalisée dans 67 parties différentes de l’océan et sur trois niveaux de profondeur. Il en ressort que la prolifération de certaines bactéries est proportionnelle à la présence de plastique dans leur environnement. Elles y trouveraient leur source de carbone.

Pour comprendre : Les bactéries aiment manger. De la graisse, des protéines, des cheveux, des déchets organiques… Mais comme les molécules de ce qu’elles aiment manger sont souvent trop grosses, elles libèrent des enzymes spécifiques qui vont aller casser la structure moléculaire de toute cette belle nourriture afin de la transformer en petites bouchées prédigérées et ce, à une vitesse fulgurante

Le contexte : des sociétés débordées par le plastique

les plastiques sont produits et rejetés en masse. Leur dégradation pouvant prendre plusieurs décennies, ils constituent une pollution qui s’accumulent. Saturant les océans, la faune aquatique s’en trouve menacée et la consommation de poisson par l’homme transfert les déchets plastiques dans l’organisme humain, pour lequel ils constituent une toxicité.

Si les bactéries mutent, l’homme aussi. Cependant nous ne pouvons guère espérer que notre corps évolue de manière à pouvoir consommer du plastique sans subir de toxicité. Dans le cadre de l’évolution, plus un organisme est complexe moins il risque d’évoluer rapidement. A contrario, les bactéries ont une capacité de mutation beaucoup plus rapide.

 

Les enjeux : Un recyclage plus performant

Cette étude ouvre des pistes de recherche pour cibler les bactéries qui pourraient servir dans des centres de recyclage. Mais selon le type de plastique, les réactions des bactéries changent. Il s’agirait donc aussi de déterminer quels sont les types de plastique pouvant le mieux répondre à cette nouvelle forme de recyclage et donc, lesquels il faudrait privilégier en terme de production.

Aleksej Zelezniak conclue : « La prochaine étape devrait consister à tester les enzymes les plus prometteuses dans un laboratoire, pour observer de près leur propriété et capacité à dégrader le plastique. A partir de là, nous pourrons réaliser de l’ingénieurie microbienne afin de chercher des dégradations spécifiques à chaque polymère. »

Sources :
– Qu’est ce que les bactéries et les enzymes ? https://fr.wikipedia.org/wiki/Enzyme
– Présentation de l’étude publiée au Microbial Ecology : https://journals.asm.org/doi/10.1128/mBio.02155-21

 

 

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