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Le Sénégal souhaite livrer l’Europe en gaz

Le Sénégal souhaite livrer l’Europe en gaz


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Plateforme offshore
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Depuis la découverte d’une importante réserve gazière en 2017, le Sénégal met en place les moyens nécessaires pour une exportation en 2023. Le pays souhaite mettre à profit ses ressources naturelles mais les enjeux de lutte contre la corruption et le réchauffement climatique soulèvent plusieurs questions.

Les faits : Négociation entre l’Europe et le Sénégal

Selon le président Macky Sall, le pays sera en capacité de livrer 2,5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an en 2023 et 10 millions en 2030.

L’Allemagne très dépendante du gaz russe négocie avec le Sénégal, dont la présidence a répondu « Nous sommes prêts à travailler dans une perspective d’alimenter le marché européen en GNL »

Mais les engagements écologiques de la COP26 interdisent aux pays signataires d’investir dans les projets à l’étranger en lien avec les énergies fossiles. La présidence sénégalaise demande des allégements prenant en considération les besoins de développement des pays qui ont une très faible empreinte carbone « Il faut aussi soutenir l’industrialisation. Dans ce contexte, n’étant pas les plus grands pollueurs puisque n’étant pas industrialisés, il serait injuste dans la recherche de solution qu’on veuille interdire à l’Afrique d’utiliser les ressources naturelles qui sont dans son sous-sol ». Un propos appuyé par le chancelier allemand Olaf Scholz.

La présidence sénégalaise souhaite aussi conditionner l’exportation de gaz à l’alimentation des centrales électriques locales pour stabiliser et développer l’alimentation du pays. Soulignant qu’une électrification par le gaz serait moins polluante qu’une électrification par le fioul (dérivé du pétrole) ou le charbon.

L’Allemagne a lancé deux chantiers de construction sur son territoire dans le but de regazéifier ses importations. Le 15 avril le ministère des finance allemand a mobilisé 3 milliards d’euros pour la location de barges flottantes aptes à traiter le GNL, en attendant la finalisation des infrastructures terrestres.

Le contexte : Des prospections positives et des investisseurs

Le sous sol d’un pays et de son littoral est réparti en zone géographique appelée « bloc ». Ces blocs composent un quadrillage du pays auxquels sont associés des droits de prospection et d’exploitation.

Au Sénégal depuis 2014, trois blocs ont dévoilé des réserves importantes de gaz et de pétrole : Sangomar, Saint Louis et Cayar Offshore.

Pour le gaz on estime le volume total à 700 milliards de mètres cubes partagés avec la Mauritanie.

Les premières livraisons débuteront lors de l’achèvement de l’usine de liquéfaction de gaz naturel par Kosmos et British Petroleum. Elle se situe sur des barges flottantes à 8 km au large de Saint-Louis et ambitionne la livraison de 227 milliards de mètre cubes sur 30 ans pour un montant total de 27 milliards d’euros pour chacun des deux pays liés au gisement gazier.

Des livraisons supérieures nécessiteront d’autres installations ou l’achèvement du projet de gazoduc Nigéria-Maroc (voir notre article à ce sujet). D’où les appels du président sénégalais à autoriser les investissements européens et américains.

Des voix critiques au Sénégal, soulignent la nécessité d’utiliser ces ressources au service du développement : « Il faut considérer les hydrocarbures comme une manne pour financer le développement des autres secteurs, notamment ceux qui sont tournés vers l’exportation et sont générateurs d’emplois, de valeur ajoutée » estime Boileau Loko, représentant-résident du FMI au Sénégal.

Les enjeux : le développement du Sénégal sous la pression des intellectuels et militants

Les ouvrages sur le pillage de ressource par la corruption et contrats iniques ont émaillé le développement de l’industrie des énergies en Afrique. Avec notamment le manque de retour pour les populations locales des pays à forte exportation et l’accaparement des contrats par des proches du pouvoir. Depuis la fin du mandat Adboudlaye Wade en 2012, la société civile sénégalaise poursuit un long travail de lutte contre la corruption.

En 2012 le frère de Macky Sall est nommé à la tête d’une société possédant un bloc minier. Sous pression de la société il a du quitter ses fonctions en 2016.

Le Sénégal s’illustre donc par la vivacité de ses médias et de son opposition qui souhaitent voir les bénéfices de ces contrats servir la construction d’infrastructures et le renforcement de secteurs tels que l’éducation et l’agriculture. Fary Ndao, géologue sénégalais interviewé par Le Monde en 2018, estime que ces découvertes sont une opportunité à condition de ne pas s’enfermer dans l’exportation de gaz et de pétrole. Citant l’exemple de pays tels que le Gabon et l’Angola qui importent massivement la nourriture à consommer, au lieu de la produire.

Selon lui le Sénégal n’a pas les réserves pour concurrencer dans la durée l’exportation d’autres pays comme ceux du Moyen-Orient et le problème demeure la maîtrise technologique des forages : « L’Etat a besoin des compagnies étrangères pour assumer le risque d’exploration. Huit forages sur dix sont un échec. Or un forage peut coûter plusieurs dizaines de milliards de francs CFA. (…) On peut imaginer qu’avec le temps, le Sénégal, à travers sa compagnie pétrolière nationale, va gagner en capacité financière et investir dans l’exploration. Mais ce n’est pas pour demain. »

Il est donc nécessaire d’investir les bénéfices obtenues pour dynamiser les ressources renouvelables du pays, comme la production agricole et faire émerger un secteur industriel capable de transformer les produits sur place. D’autant plus que le secteur de l’exportation de ressources énergétiques crée peu d’emploi au regard des sommes présentes.

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