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Crises multiples dans la pêche : le gouvernement débloque 27 millions d’euros

Crises multiples dans la pêche : le gouvernement débloque 27 millions d’euros

Jean-Pierre Bazard  Jpbazard, CC BY-SA 3.0 , via Wikimedia Commons
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Après une série de manifestations des marins-pêcheurs, le gouvernement met en application le second volet d’aide pour l’achat de carburant. 20 centimes d’euros par litre d’essence consommé dans le cadre des activités de pêche seront pris en charge par l’État et s’ajoutent au 15 centimes d’aide indifférenciée. Mais aucune solution n’est prévue après le 31 juillet.

Les faits : Une aide ciblée pour réduire l’envolée des prix du poisson

Selon l’INSEE le prix du poisson a augmenté de 10 % entre 2020 et 2021. Les marins-pêcheurs se sont fortement mobilisés après l’invasion de la guerre en Ukraine, notamment devant les préfectures bretonnes pour protester contre la hausse des prix des carburants.

Le gouvernement promet alors une aide aux entreprises de pêche : 35 centimes d’euro par litre. Mais son application tarde. L’arrêté est publié le 12 mai, son contenu reste vague. Il est complété le 23 par un texte dont l’entrée en vigueur intervient ce 9 juin. Entre temps, les pêcheurs de Guadeloupe lancent le blocus du port maritime de Pointe-à-Pitre, empêchant tout trafic commercial et la circulation des ferrys.

L’arrêté se présente comme la partie 2 du volet d’aide à la pêche. Et apporte plusieurs précisions administratives sur les conditions d’accès ainsi que son budget total : 27,5 millions. Le texte précise que les entreprises visées par des sanctions en lien avec la Russie sont exclues du dispositif.

Plusieurs organisations maritimes ont dénoncé dès les premières annonces, une aide insuffisante pour répondre à la crise traversée. Des négociations sont en cours, l’aide s’arrêtera le 31 juillet.

Le contexte : un secteur en crise

L’augmentation des prix des carburants entretien l’inflation qui frappe l’économie mondiale à la suite de l’invasion de la Russie en Ukraine. Les opérateurs économiques répercutent la hausse de leurs charges liées aux carburants sur le prix de vente de leur produit.

Les pêcheurs bretons se sont mobilisés à la mi mars notamment par le blocage des ports de Lorient et de Guilvenec.

Les départements maritimes ne pouvaient pas passer à côté des coups de force de la profession mais la mobilisation fut peu médiatisée à l’échelle nationale. En Bretagne les marins-pêcheurs ont du faire face à des enjeux différents selon la taille et les moyens de l’entreprise. Ce qui a engendré quelques conflits internes entre les pêcheurs souhaitant poursuivre la grève et ceux voulant reprendre leur activité.

Du côté des mareyeurs les avis sont eux aussi partagés. Leur activité étant impactée par les blocages, mais aussi par la hausse des prix du poisson qui réduit le volume des ventes.

Les conséquences de la crise ont un impact différent selon les pays ce qui occasionne des conflits entre nations européennes. En Belgique le volume total de poisson vendu a diminué en 2021 mais le chiffre d’affaire a quant à lui augmenté en raison de l’inflation. Par ailleurs, l’attribution des quotas de pêche continue de diviser la profession selon la nationalité et la taille de l’entreprise. Les grands armateurs, notamment des Pays-Bas, étant considérés comme une menace par les pêcheries moins industrialisées.

Outre l’augmentation des charges, la consommation de poisson dans l’Union Européenne se transforme. L’importation de poisson au sein de l’Union Européenne a diminué lors de la crise du Covid. La consommation des produits de la pêche chute de 2% en 2019. Selon le rapport 2021 de l’EUMOFA, il existe de fortes disparités derrière ces chiffres. Tout d’abord les importations repartent en hausse. Ensuite si les consommateurs ont diminué leurs achats de maquereaux, harengs, calamars, truites et sprats ils ont augmenté leurs achats de thon en boite. Une situation dangereuse pour la profession puisque les espèces pêchées par les entreprises locales sont remplacées par l’importation de poissons.

Les prix des carburants vont donc jouer un rôle essentiel dans la viabilité des entreprises de pêche mais aussi dans la consommation européenne. Le coût de transport pourrait réduire les importations mais en cas de taxes excessives sur les carburants européens et par les différences salariales mondiales, il est possible d’observer une importation de poisson moins chère qu’une pêche locale. Dans un tel contexte et en pleine crise économique, il n’est pas garantie que les consommateurs fassent le choix du circuit court.

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