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Ce que révèle le retrait de la République Tchèque de l’opération au Mali

Ce que révèle le retrait de la République Tchèque de l’opération au Mali

Les exactions dans la région de Mopti ont changé les relations avec l'UE.
Les exactions dans la région de Mopti ont changé les relations avec l'UE.
Les exactions dans la région de Mopti ont changé les relations avec l'UE.
Les exactions dans la région de Mopti ont changé les relations avec l'UE.
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Suite à une série d’exactions dans la région de Mopti l’EUTM a mis fin à ses formations auprès des militaires maliens. La République Tchèque n’étant plus en mesure de servir au Mali, elle confirme le non renouvellement de son mandat et le départ de 120 soldats.

Les faits : Une confirmation dans un climat de tension

La liste des pays arrêtant leur coopération militaire avec le Mali continue de s’étendre. C’est au tour de la République Tchèque de confirmer son départ du territoire. 120 soldats participaient aux formations et à la lutte anti djihadiste. L’annonce suit un premier communiqué publié en août qui interrogeait déjà le non renouvellement du mandat. Celui ci doit s’achever à la mi décembre. Le commandement de la Mission de formation de l’Union européenne (EUTM) est d’ailleurs détenu par le général de brigade tchèque Radek Hasala.

Le retrait est confirmé ce 2 novembre par une dépêche de l’agence de presse Ceteka reprise par le média public Radio Prague International. La ministre de la Défense, Jana Černochová, indique que plusieurs soldats ont déjà quitté le territoire. Tout en ajoutant que son pays tiendra ses engagements en terme de commandement de l’EUTM. Mais la mission semble végéter en attendant un changement de politique intérieure au Mali. Joseph Borrell chef de la diplomatie européenne annonçait le 28 mars, l’arrêt des formations : « il est clair que notre mission de formation ne peut être impliquée, de quelque manière que ce soit, dans des activités qui pourraient mettre en cause la réputation de l’Union européenne ».

Le motif invoqué concerne les difficultés d’exercice face à la junte malienne. Jana Černochová a déclaré : « Nous ne pouvons vraiment pas nous permettre d’avoir des soldats là-bas qui resteront à la base. Nous essayons de nous assurer que les missions étrangères où nous envoyons nos soldats apportent quelque chose à la République tchèque et aux soldats sur le plan de la formation ».

L’accord passé entre l’Union Européenne et le Mali reposait sur un intérêt commun. La contribution aux actions militaires contre les djihadistes et l’entraînement des forces maliennes. En contre partie l’UE bénéficiait du retour d’expérience pour ses propres soldats. L’EUTM vise à constituer un socle de formateurs militaires pour les armées européennes et maliennes, avec une expérience du terrain.

La République Tchèque étudie la possibilité d’un redéploiement dans un pays limitrophe, qui souhaiterait renforcer son dispositif contre les mouvements djihadistes.

Le contexte : Les étranges coïncidences qui ont fait fuir les armées européennes

Comme pour d’autres opérations telles que Takuba, les pays européens sont mis dos aux murs par la coopération entre Wagner et l’armée malienne. Il ne s’agit pas simplement d’une concurrence géostratégique entre l’OTAN et la Russie. D’autant que les pays occidentaux ont signé leur partenariat avec les autorités maliennes à une époque où le pays était déjà en lien avec la Russie. Notamment par la vente d’armement.

Mais la situation évolue en mars 2022 par une opération d’envergure menait à Hombori, proche de Gossi. Les forces armées maliennes (FAMA) et le groupe Wagner devaient officialiser la « montée en puissance » de leur coopération par une réponse ferme aux attaques djihadistes dans la région de Mopti.

Suite à l’opération plusieurs journalistes et l’ONG Human Right Watch ont dénoncé le massacre de plus de 300 civils. Abattus sommairement dans leur village. Cependant il n’a pas été possible de déployer des enquêteurs internationaux pour investiguer davantage ces accusations.

Un rapport de la MINUSMA répertorie ensuite une série d’exactions dans la région durant tout le mois d’avril. Au total plus de 600 maliens furent arrêtés. La méthode change par rapport aux exactions dénoncées à la fin mars : les militaires immobilisent tout les hommes d’un quartier pour les envoyer dans un camp militaire. Le nombre de mort semble alors diminuer mais les suspects subissent des actes tortures, certains n’y survivent pas. Nous mettons à disposition le rapport de la MINUSMA (Cliquer ici).

Fin avril, à 90 kilomètres d’Hombori, des paramilitaires russes essayent d’attribuer à l’armée française la responsabilité d’un charnier. L’opération est déjouée par la surveillance d’un drone français. Les corps utilisés pourraient être ceux des civils d’Hombori. Depuis la junte malienne limite les autorisations de sorties des partenaires militaires et accuse la France d’espionnage.

Les nations ayant assisté à ce false flag sont inquiètes d’être associées aux exactions et ne peuvent plus maintenir leur formation auprès de militaire maliens. Ces derniers semblant passer sous commandement de Wagner. L’EUTM a donc annoncé l’arrêt des formations, d’où les propos de la ministre tchèque parlant de troupes immobilisées dans leur base.

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