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Rorqual : Sea Shepherd a utilisé ses contacts au ministère pour aller contre l’avis des services de l’État

Rorqual : Sea Shepherd a utilisé ses contacts au ministère pour aller contre l’avis des services de l’État

rorqual sea shepherd politique
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L’association Sea Shepherd parlait d’un sauvetage miraculeux réalisé malgré les recommandations des administrations et professionnels du Finistère. L’animal est retrouvé mort le 27 septembre sur l’île Tristan. Entre renoncement des professionnels et persévérance militante, se pose la question d’une ingérence politique.

Les faits : Un sauvetage en deux temps

Contacté par la rédaction Didier Planté, le maire de Ploeven, nous a livré sa version des évènements. Le 19 septembre il est prévenu aux alentours de 9H concernant l’échouage d’un rorqual sur une plage de la commune. Des habitants ont vu le cétacé et prévenu le Parc Marin d’Iroise.

Les services de la mairie se rendent sur place pour baliser la zone, éloigner les badauds et préparer l’arrivée des secours. Les agents du Parc Marin d’Iroise sont accompagnés des pompiers du service spécial des échouages.

Sea Shepherd annonce vers 11H45 se rendre sur place et souhaite participer aux opérations. L’accès leur ait refusé comme au reste des personnes non habilitées par les services départementaux. L’attente est particulièrement frustrante pour ces passionnés de la protection animale. Le maire de Ploeven précise : « Nous n’avons pas perdu de temps, mais il fallait attendre la marée haute pour tenter l’opération. Les agents du parc marin nous ont expliqué que le lit d’eau était trop faible pour opérer. Et nous avions aussi besoin d’un bateau assez puissant pour tracter l’animal de plusieurs tonnes. »

 

A marée haute l’opération est finalement lancée. Mais dans l’après midi les autorités prennent la décision d’arrêter le sauvetage. Didier Planté rapporte l’argument du personnel du Parc Marin d’Iroise « les sangles faisaient lasso autour de l’animal déjà très amoindri. »

 

 

Le contexte : Sea Shepherd prend le dessus sur l’État

Plusieurs éléments exposent des tensions. Sea Shepherd refuse d’être mise plus longtemps à l’écart. Les militants activent leur réseau. Le Secrétaire d’Etat à la Mer Hervé Berville contourne les prises de décisions des professionnels du Finistère pour exiger l’entrée de Sea Shepherd dans le dispositif.

 

 

Arrivée aux côtés du cétacé, les militants refusent d’abandonner et veulent tenter le tout pour le tout. Ils utilisent à nouveau leur réseau pour remobiliser les services de l’État. De son côté la mairie de Plonevez Porzay répond rapidement à l’appel et livre un tractopelle pour creuser un canal sur la plage.

Les pompiers restent sur place. Un participant nous confie anonymement « Il n’y a pas de rancune l’association suit son objectif, mais on a été contraint de relancer les opérations pour ne pas faire l’objet d’une campagne de dénigrement qui nous accuserait d’avoir renoncé trop tôt. On peut au moins affirmer que le maximum a été fait. »

 

Sur le compte twitter de l’association ont peut constater la matérialité des pressions exercées, avec de nombreuses critiques de Sea Shepherd y compris contre les pompiers, accusés de passivité durant la nuit. Il faut dire que la tranché creusée sur une plage n’est pas du goût de tout le monde. Et risque de poser de sérieux problèmes lors des échanges communaux et départements. L’emploi d’un engin mécanique sur une plage étant fortement encadré en raison de l’impact sur l’écosystème. Dans le sable cotier des animaux pondent, vivent et se nourrissent. Sans compter l’impact sur l’érosion de la côte.

Contacté par téléphone au sujet des conséquences écologiques d’une telle intervention, l’Office Français de la Biodiversité n’a pas souhaité répondre et renvoi vers le Parc Marin d’Iroise. Lui même injoignable depuis une semaine. Les décisions encadrant la réalisation du canal semblent avoir été prises sous la pression d’Hervé Berville. Peu connu pour ses considérations écologiques. Claire Nouvian, Fondatrice de l’association BLOOM le décrit ainsi : « l’un des ministres les plus anti-écologiques du gouvernement […] qui ne respecte pas la séparation des pouvoirs » . Accusé de Blue Washing, ce dernier aurait pu voir dans l’action de Sea Shepherd un moyen de redorer son image.

 

 

Vers une heure du matin par l’insistance de Sea Shepherd, le cétacé arrive à s’extraire de la plage grâce au canal creusé. L’association accompagne sa prise de risque d’un suivi. Durant plusieurs jours les bénévoles ont tenté de surveiller l’animal. Il est aperçu plusieurs fois. Des bénévoles observent l’horizon depuis la côte appuyés par une embarcation semi rigide « Le Clémentine ».

L’opération passe mal auprès de certains riverains. L’un d’eux décrit une situation incompréhensible : « On a vu Sea Shepherd prendre le contrôle de la Baie. L’ONG donnait ses instructions aux bateaux approchant du cétacé. »

Malheureusement l’animal est perdu de vu puis retrouvé mort le 27 septembre sur l’île Tristan. Les cicatrices sur son corps confirment qu’il s’agit du même animal. Pour Sea Shepherd il était nécessaire de tenter cette seconde opération et précise « un cétacé échoué s’écrase sous son propre poids. Il peut mettre des heures voir des jours à mourir ».

L’euthanasie aurait pu limiter les souffrances de l’animal. Mais l’association indique que le Parc Marin d’Iroise ne comptait pas employer cette méthode par manque de matériel. Injoignable depuis une semaine, nous n’avons pas pu vérifier cet élément auprès du Parc Marin d’Iroise. Mais restons disponibles si la structure se décide à communiquer.

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