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Selon un procureur allemand Yulia Prokhorova est en Allemagne

Selon un procureur allemand Yulia Prokhorova est en Allemagne

Yulia Prokhorova expulsée
Yulia Prokhorova expulsée
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Peu connue en France, la jeune femme a fait les gros titres en Allemagne après avoir harcelé des réfugiés ukrainiens. Les réseaux favorables aux invasions russes se sont empressés de falsifier le motif d’une perquisition à son domicile pour accuser l’Allemagne de russophobie. Retour sur une situation emblématique de l’ingérence russe.

Les faits : Du harcèlement des ukrainiens vers la procédure judiciaire

Début novembre une personne se présentant comme journaliste, dénonce en Allemagne la disparition de la militante russe Yulia Prokhorova. Cette « journaliste » c’est Alina Lipp, qui a réalisé des vidéos dans le Dombass aux côtés des troupes de Wagner.

Russia Today diffuse le 3 novembre les propos de madame Lipp « Une femme russe est portée disparue après une performance avec le drapeau russe ». Alina Lipp y affirme avoir consulté la version des autorités allemandes : « Sur le site du bureau du Procureur il est indiquée qu’une perquisition a eu lieu le 14 octobre, à son domicile »

Il n’en faut pas plus pour activer les discours sur la russophobie et déplacer la critique de l’impérialisme russe vers un discours dénonçant l’autoritarisme des pays de l’Union Européenne.

La désinformation russe contredite par la procédure judiciaire :

Mais la « performance » qui serait à l’origine de l’arrestation n’est ni une performance ni le motif de la procédure judiciaire initiée contre Yulia Prokhorova. Dans les vidéos publiées par Prokhorova, on la voit harceler fièrement des exilés ukrainiennes en leur criant « la Russie va gagner » ou encore « Les filles ! Gloire à la Russie ! À qui est Kherson ? Allez vous faire foutre avec votre Ukraine. » 

 

Dans une autre publication, elle encourage les européens à dépenser inutilement du gaz pour faire monter les cours de l’énergie et favoriser la Russie. On la voit alors allumer sa gazinière et les lumières pour rien. Un discours qui vient directement soutenir l’invasion de l’Ukraine. Sa vidéo portait le titre « Comment soutenir l’armée russe et ne pas aller en prison ».

Après tout ce tapage médiatique, elle attire l’attention des autorités allemandes sur sa situation. Le 14 octobre son appartement fait l’objet d’une perquisition. La Police y trouve 3 smartphones et un ordinateur portable. Les autorités allemandes révèlent que la la militante est en situation irrégulière.

Suspicion d’expulsion :

Une vidéo est publiée le 20 novembre où on voit la jeune femme dans un aéroport, accompagnée par la Police. Très vite plusieurs médias dont le notre font l’erreur d’interpréter la situation comme une expulsion. Contacté par un membre de la Police allemande, le média à l’origine de la vidéo, The Insider, corrige sa publication. Selon sa source, la militante serait toujours en Allemagne.

Le média allemand Deutsche Welle contacte alors le bureau du procureur de Landshut et la police allemande. Le 22 novembre le procureur précise la situation. Prokhorova fait l’objet d’une enquête pour injures et n’a pas été expulsée du territoire allemand. En plus des vidéos de harcèlement qui l’ont fait connaître, elle aurait insulté des personnes par messagerie et désigné des logements où résident des ukrainiens en les associant à la puanteur.

Du côté de RTL, des journalistes ont découvert que la jeune femme proposait des services d’escorte et les enquêteurs ont retrouvé des annonces allant dans ce sens. Sans lien direct avec la procédure, ces éléments rajoutent de fortes suspicions d’ingérence pour un profil  axé autour de la haine et de la désinformation.

Les policiers allemands ont découvert que l’activité de sa chaîne Télégram fut très faible lors de sa création en 2021. Seulement 19 messages, tous supprimés depuis. En mars 2022 elle relance ses publications pour y diffuser des intox : les trains et les avions allemands seraient tous à l’arrêt (renvoi à l’ambition du Kremlin concernant une pénurie énergétique en Europe) et ajoute que l’Allemagne veut faire la guerre à la Russie. Elle se dit alors paniquée par la russophobie. Les publications suivantes se concentreront sur cette accusation de russophobie entrecoupée de soutiens à l’invasion en Ukraine et d’hostilités contre les exilés.

Deutsche Welle s’interroge sur l’évènement du Kalinka dansée par Prokhorova et utilisé par RT pour dénoncer une procédure russophobe. Le compte utilisé possédait très peu d’abonnés et a bondi à 110.000 followers après la publication du Kalinka. Avant de retomber à 40.000 en septembre. Pour le média allemand, il y a un sérieux soupçon  d’achat de bot en vue de concentrer l’attention sur ce micro-phénomène.

Une situation qui pourrait exposer la manière par laquelle la Russie enferme son opinion publique dans la paranoïa. Quitte à faire passer une procédure pour injure et situation irrégulière, pour une expulsion en lien avec les expressions artistiques russes.

Le contexte : Des individus hostiles aux intérêts des pays où ils résident

Prokhorova n’est pas la seule à sortir du cadre de la liberté d’opinion pour passer dans le registre du répréhensible. Une autre citoyenne d’origine russe a fait scandale en Allemagne en appelant ni plus ni moins Poutine à bombarder l’Allemagne.

Son nom est Alena Dirksen, propriétaire d’un restaurant à Dresde. Après plusieurs articles de presse ayant interrogé la nature terroriste de ses propos, elle a du publier une vidéo où elle explique « Je suis désolé, je débordais d’émotion après avoir reçu des insultes de la part de citoyens ukrainiens ».

Comme pour la communication du Kremlin, ces individus n’hésitent pas à multiplier les versions, qu’importent qu’elles se contredisent les unes les autres. Alena Dirksen après avoir prononcé des excuses, a changé de propos. Elle affirme désormais que la vidéo appelant au bombardement de l’Allemagne serait un fake publié par une personne ayant piraté son compte. En Allemagne, la contradiction entre ses deux versions l’a plongé dans le ridicule.

 

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