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Charlos Ghosn : un détournement de 32 millions et des mails compromettants

Charlos Ghosn : un détournement de 32 millions et des mails compromettants


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Ouverte tardivement, l’enquête française contre le fugitif Carlos Ghosn offre ses premières révélations. Selon le journal Les Echos, la justice a détecté un important transfert de fond vers le distributeur SBA qui pourrait inclure des rétrocommissions.

Les faits : une enquête du parquet de Nanterre :

Le 21 avril 2022, le parquet émet un mandat d’arrêt contre Carlos Ghosn après avoir obtenu des mails révélant l’existence d’un vaste réseau de rétro commission. Il est suspecté d’avoir détourné 15 millions d’euro au sein du groupe Renault via la société SBA. La somme interrogée est ensuite réévaluée à 32 millions.

Elle correspondrait au cumul d’un prêt de 25 millions, contracté par sa femme auprès, pour lequel Carlos Ghosn reconnaît n’avoir jamais remboursé. Ainsi que de 7 millions d’euros perçus en tant que consultant.

Des prises d’intérêts suspectent puisque l’homme d’affaire avant de bénéficier de ces fonds, avaient lui même fourni 32 millions d’euros à SBA en utilisant les fonds de l’alliance Renault-Nissan. Les principaux suspects se défendent en indiquant qu’il s’agit de prime de distribution. Mais ce type d’activités est habituellement budgétisée et soumise au Conseil d’Administration. Carlos Ghosn les aurait versé de sa seule initiative. Les enquêteurs sont d’autant plus vigilent, que le CA de Renault avait déjà versé une prime de 12 millions d’euros à SBA.

L’état de l’enquête française fait échos aux éléments déjà interrogés par la justice japonaise. Elle enquêtait sur plusieurs millions d’euros versés du compte de Divyendu Kumar, ancien directeur de SBA vers ceux de la société Good Faith Investments. Entité hébergée au Liban dans les locaux de l’avocat de Carlos Ghosn.

Le contexte : Un discours romanesque en quête d’empathie :

Si tout le monde a entendu parlé de Carlos Ghosn par sa fuite spectaculaire dans une valise, c’est avant tout grâce à un traitement journalistique digne d’une mauvaise émission de télé-réalité. On se souvient de Léa Salamé plus intéressée par la fuite de monsieur Ghosn que par la matérialité des accusations dont il faisait l’objet par la justice japonaise. Lors d’une interview devenue emblématique du journalisme de connivence, Carlos Ghosn, fugitif recherché, a pourtant tout l’espace pour présenter sa version des faits. Il ne s’en privera pas pour orienter le traitement de cette actualité sur ses conditions d’incarcération, en oubliant bien rapidement son absence totale d’empathie pour les ouvriers de l’automobile auxquels il prétextait régulièrement « que les caisses sont vides ».

Quand on voit les sommes suspectées de détournements, de l’argent il y en a pour certaines pratiques qui n’ont pourtant rien à voir avec les coûts de fabrication, de fonctionnement, de recherche, de développement, ou avec la crise économique. Ce sont les pots de vins et les rétro commissions.

Si l’on distingue les deux c’est en raison de l’usage. Une part majeure de l’argent détourné, ne sert pas celui qui émet le chèque, mais l’entreprise. En distribuant des pots de vins il est possible d’influencer les décisions des décideurs d’un autre pays, ou d’une autre entreprise pour les pousser à commander au sein de son propre groupe. C’est notamment le cas dans l’affaire des Rafales Papers où Dassault est accusé de versement à des administrateurs indiens. Il s’agit de dépenser de l’argent, souvent illégalement, pour que son entreprise en gagne davantage. Une méthode qui rassemble les différents membres d’un conseil d’administration autour d’un intérêt commun.

Le second détournement, qui ne peut même pas se justifier aux yeux de ses collaborateurs,  c’est la rétro commission. Carlos Ghosn est suspecté par le parquet de Nanterre, d’avoir détourné les capitaux de l’alliance Renault-Nissan pour son propre enrichissement. Ce qui explique la fermeté des autorités japonaises et des anciens collaborateurs de Carlos Ghosn.

Les enjeux : dépasser les refus d’extradition

Pour que justice se face il faut pouvoir convoquer l’accusé à la barre. Si la valise a animé les conversations, elle reste néanmoins le symbole d’une pratique des affaires qui tient plus de la piraterie que du commerce. Le Liban a été choisi par Carlos Ghosn en raison des intérêts financiers qu’il y possède et en raison du refus des autorités locales, d’extrader les criminels présents sur son territoire.

La fuite des informations judiciaires françaises dans la presse pourrait être un moyen de faire pression sur les autorités libanaises. Elle expose la matérialité de certaines accusations, là où Carlos Ghosn présentait l’action japonaise comme une forme de nationalisme injuste.